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UNESCO Centre du patrimoine mondial Temple d'Or de Dambulla (Sri Lanka)
    
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Notre action au Burkina

5 à 10 millions dans les années 1930, les éléphants d'Afrique ne sont plus que 600 000 aujourd'hui (UICN, 2005). La principale menace actuelle, après la grande vague de braconnage des années 70-80, est la destruction de son habitat, l'occupation des terres sauvages par les populations humaines et l'isolement des micro-populations de ces animaux migrateurs confinées dans les espaces protégés. Or aujourd'hui le continent africain compte 750 millions d'habitants et on estime que d'ici 2050, 1,5 peut-être 1,9 milliards habiteront le continent d'ici l'hypothétique transition démographique (Guengant, 2001). La menace qui pèse sur les éléphants est donc loin d'être levée et il est probable qu'elle s'accentue année après année. Les éléphants d'Afrique ne connaissant pas les frontières administratives, les enfants africains, futurs décideurs de demain, auront la difficile tâche d'assurer leur préservation en tenant compte de leurs migrations et de leurs besoins écologiques.

Le conflit Homme-Eléphant

Aujourd'hui, pour la majorité des agriculteurs africains vivant à proximité d'un espace sauvage, un éléphant est devenu avant tout un compétiteur pour l'espace et les ressources naturelles. Le conflit Hommes-Eléphants est une expression désormais courante qui semble dominer de plus en plus la relation entre les deux espèces. La croissance démographique pousse en effet les agriculteurs, souvent les plus démunis et n'ayant que l'agriculture de subsistance comme perspective, à prendre sur les espaces naturels les terres dont ils ont besoin. L'éléphant, de par ses besoins en espace est le premier sur la liste des animaux sauvages avec qui la cohabitation est difficile. Les hardes viennent se nourrir dans les champs entre deux espaces naturels ou en bordures de ceux-ci et constituent un danger potentiel pour les agriculteurs qui essayent de défendre leurs récoltes. 

L'éducation à la conservation : un premier pas pour gérer ce problème

Il est donc nécessaire dans un premier temps de favoriser une perception positive des agriculteurs et de leurs familles à l'égard des éléphants et des espèces sauvages dans leur ensemble. Ce changement de perception est un défi difficile à relever, il sera en effet nécessaire de faire localement la démonstration que l'éléphant et les espaces sauvages ont à la fois une valeur économique (via l'écotourisme notamment), une valeur écologique (services écologiques, protection de l'environnement) et une valeur contemplative (si recherchée par les voyageurs qui trouvent en Afrique une nature sauvage qu'ils ont probablement en partie perdue dans leur région d'origine). Faire cette démonstration auprès des agriculteurs qui travaillent dur leur champ pour nourrir leur famille demandera sans aucun doute du temps, probablement des générations. C'est dans cette perspective que la sensibilisation des enfants à ces questions est primordiale. Elle crée un terrain propice aux changements et prépare la génération des futurs décideurs.

Un programme adapté au contexte local

Le programme "Enfants et Eléphants d'Afrique" ,mené par l'association "des Eléphants et des Hommes" a l'ambition de contribuer localement à ce changement positif de perception, offrir aux enfants l'opportunité de découvrir toutes les valeurs de l'éléphant et de la biodiversité et de redécouvrir sous une forme modernisée les traditions qui leur sont liées. 

La sensibilisation prendra la forme d'une sortie nature offerte aux écoliers de CM1 de la région de Boromo. Pour la saison 2008, l'objectif est d'offrir cette sortie nature et son programme d'éducation à l'environnement et à la conservation, à 60 groupes d'élèves, soit 600 élèves et leurs enseignants. Le suivi de programme à l'école permettra de sensibiliser environ le double d'élèves annuellement soit plus d'un millier, et à travers eux, indirectement, leurs parents.

Lors de la sortie Nature et du programme complémentaire mené dans les écoles, le but est d'atteindre les objectifs de sensibilisation et d'éducation suivants:

- Permettre aux enfants et leurs accompagnateurs de découvrir le patrimoine naturel de leur région.

- Encourager une perception positive des éléphants via l'observation et la connaissance des services écologiques qu'ils rendent à l'écosystème (dissémination et germination des graines, ouverture des milieux, des salines, des points d'eau…), sans toutefois nier les problèmes de cohabitation existants.

- Permettre la découverte d'espèces communes d'arbres et d'oiseaux et la compréhension des interdépendances dans un écosystème, populations humaines incluses (outre l'observation, un jeu éducatif permet cette prise de conscience).

- Favoriser la prise de conscience que l'humain ne peut vivre sans la nature (sans ses services écologiques).

- Encourager l'éveil naturaliste pour une meilleure connaissance et une contemplation de la flore et la faune.

- Sensibiliser les participants à la perte de traditions liés à certaines espèces qui disparaissent (pharmacopée par exemple).

- Offrir la possibilité de visiter un camp de tourisme et de comprendre les enjeux économiques de l'écotourisme.-

- A l'horizon 2009/2010, avoir permis le développement d'un produit écotouristique, moteur économique de la région et financeur du projet éducatif.

- Permettre l'épanouissement chez les enfants comme chez les parents de la notion de responsabilité environnementale. Pour les enfants, créer le terreau pour une autre manière d'envisager et de gérer notre relation à la nature.